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Agriculture calédonienne : des défis structurels et des pistes d’action

Nouvelle-Calédonie
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Selon un dossier publié par La Calédonie agricole, l’agriculture en Nouvelle-Calédonie fait face à plusieurs fragilités majeures : recul du foncier, vieillissement des exploitants, difficultés de transmission et baisse de production locale. Une étude conduite en 2025 par la Chambre d'agriculture et de la pêche avec le cabinet Tero met en évidence l’urgence d’agir.

Un foncier en forte diminution
La surface agricole utilisée a chuté de 35 % entre 2002 et 2024 et pourrait être divisée par deux d’ici vingt ans. Près d’un tiers des terres déclarées ne sont déjà plus exploitées. La préservation et la sécurisation du foncier apparaissent donc comme une priorité stratégique, notamment pour soutenir l’objectif d’autonomie alimentaire.

Un secteur vieillissant et difficile à renouveler
L’âge moyen des agriculteurs atteint 54 ans, avec plus de 850 exploitations dirigées par des personnes ayant dépassé l’âge de la retraite. Les faibles pensions et la hausse spéculative du prix des terres compliquent la transmission et l’installation de nouveaux professionnels, dont l’âge moyen d’entrée dans le métier est déjà de 42 ans.

Transmission et installation : leviers clés
La CAP-NC prévoit de créer un service dédié pour accompagner juridiquement et financièrement les transmissions et faciliter la mise en relation avec des repreneurs. Son programme « Cap sur l’installation » propose un parcours structuré d’appui technique, administratif et financier pour sécuriser les projets agricoles ou halieutiques.

Un rôle central pour l’aménagement foncier
L’Adraf est identifiée comme acteur majeur pour cartographier, réguler et valoriser les terres agricoles, qu’elles soient privées, publiques ou coutumières. Les enjeux sont multiples : sécuriser l’accès à la terre, lutter contre la spéculation, améliorer la répartition géographique des exploitations et renforcer la viabilité économique.

Une structure foncière déséquilibrée
Aujourd’hui, 65 % des surfaces exploitées sont consacrées à l’élevage bovin extensif, contre seulement 9 % à la production végétale. Par ailleurs, 59 % du foncier coutumier déclaré n’est pas utilisé, révélant un potentiel important encore inexploité.


Le diagnostic partagé par les acteurs du secteur souligne qu’assurer l’avenir de l’agriculture locale passe par une action coordonnée sur quatre axes : protection du foncier, renouvellement générationnel, accompagnement des installations et amélioration des revenus agricoles. Sans intervention rapide, la capacité productive du territoire risque de continuer à décliner.

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