À Bourail, Angelo Devaud fait partie de ces éleveurs qui contribuent à faire vivre une filière encore discrète mais pleine de potentiel en Nouvelle-Calédonie. Installé depuis 2016 sur des terres familiales restées inexploitées pendant près de trente ans, il a choisi de les valoriser en développant un élevage ovin. Aujourd’hui à la tête d’un troupeau d’une centaine de brebis et de six béliers, il s’inscrit dans une tradition familiale d’éleveurs et préside le Groupement des Éleveurs de Petits Ruminants (GEPR). Son parcours illustre l’engagement d’agriculteurs qui participent au développement de la filière ovine sur le territoire.
Une filière ovine présente sur l’ensemble du territoire
Les élevages ovins sont répartis dans différentes zones de la Nouvelle-Calédonie. En 2024, 20 exploitations ont été recensées : 13 en Province Sud et 7 en Province Nord. La grande majorité d’entre elles est regroupée au sein du GEPR, qui fédère aujourd’hui 18 éleveurs et accompagne le développement de la filière.
Un mode d’élevage adapté au territoire
L’élevage ovin calédonien repose essentiellement sur un système extensif : les animaux sont élevés en plein air et se nourrissent principalement à l’herbe sur de vastes parcelles. Ce modèle, avec une faible densité animale, limite l’usage d’intrants et contribue à la préservation des paysages ruraux. Les élevages travaillent également avec des races adaptées au climat local, comme le Dorper ou le Damara, des races délainées résistantes à la chaleur et aux parasites.
Un produit local de qualité
L’agneau calédonien se distingue par une viande tendre et savoureuse, au goût plus doux que certains produits importés. Les exploitations sont généralement de taille humaine, avec en moyenne une cinquantaine de têtes, ce qui permet un suivi attentif des animaux et garantit une traçabilité de la ferme à l’assiette. Le cycle de production est relativement rapide, environ neuf mois entre la naissance et la commercialisation.
Une filière encore en développement
La production locale reste aujourd’hui limitée face à la demande. Chaque année, près de 300 tonnes de viande ovine sont importées, tandis que la production locale ne couvre qu’environ 10 % des besoins du marché. Le potentiel de développement est pourtant important, avec une demande estimée entre 10 000 et 12 000 agneaux par an.
Un enjeu pour l’agriculture calédonienne
Le développement de la filière ovine représente un levier intéressant pour renforcer l’autonomie alimentaire du territoire, valoriser des surfaces agricoles et diversifier les activités en brousse. Encore émergente, la filière s’inscrit dans une dynamique durable, en proposant un produit local, traçable et de qualité.
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